Prothèse totale de hanche

PROTHÈSE TOTALE DE HANCHE (PTH)

 

Qu'est ce qu'une Prothèse
Totale de Hanche ?

L’articulation de la hanche est composée d’une tête fémorale qui s’emboîte dans une cavité du bassin (le cotyle).
La prothèse totale de hanche (PTH) remplace les surfaces articulaires de la hanche qui sont détruites par la maladie (arthrose, rhumatisme inflammatoire, malformation congénitale, …).
La PTH est composée d’une pièce cotyloïdienne et d’une pièce fémorale. La pièce fémorale comprend une tige qui est implantée dans le fémur, surmontée d’un col et d’une tête qui s'articule avec le cotyle.
Le but de la PTH est de faire disparaître les phénomènes douloureux et de redonner une mobilité fonctionnelle à la hanche.


Type de prothèse

Il existe de très nombreux modèles de prothèses, différents dans leur forme, et leurs matériaux.
Le consensus actuel en Europe et dans le monde est d’utiliser des prothèses sans ciments au niveau du cotyle et du fémur. L’avantage objectif du " sans ciment " est d’éliminer un facteur d’échec précoce du à une mauvaise cimentation de la prothèse. D’autre part en cas d’infection une prothèse sans ciment sera plus facilement traitée.
Le couple de frottement fait toujours débat. Le couple de frottement céramique-céramique est de plus en plus utilisé chez les patients actifs et les patients jeunes. Les céramiques sont testées avant implantation, et ont été améliorées ces dernières décennies. Actuellement le risque de fracture est de 3/10.000 cas.
Les avantages objectifs concrets de la céramique d’alumine sont :

  • le caractère quasi inusable (contrairement au polyéthylène)
  • le caractère bio inertes des débris d’usure (pas de réactions inflammatoires contrairement au polyéthylène).

Indication de la PTH

Vous souffrez d’une maladie de la hanche (arthrose, rhumatisme inflammatoire...). Vous avez des douleurs, une difficulté à marcher, une difficulté à réaliser les actes de la vie quotidienne comme l’habillage, se couper les ongles des pieds, mettre ses chaussettes, etc ....

Le plus souvent la douleur est dans le pli de l’aine et peut irradier dans la cuisse et le genou, la fesse, le dos, et simuler une sciatique ou cruralgie.

Quand se faire opérer ? Quand les traitement antalgiques et antiinflammatoires ne sont plus efficaces, quand la gène fonctionnelle est importante quand l’usure du cartilage est dépassée et que l’usure osseuse est importante (atteinte du capital osseux). Le moment de se faire opérer est la conjonction de plusieurs critères (socioprofessionnel, clinique et radiologique).

L’âge est un critère relatif : des indications existent à l’âge de 20 ans, voir moins (malformation), à plus de 90 ans.


Principe technique

La voie d’abord est mini invasive (courte incision cutanée) de façon à diminuer le risque septique, les douleurs postopératoire, la boiterie, et la durée d’hospitalisation.
L’intervention consiste à implanter dans le fémur, un pivot métallique muni d’une tête et dans le bassin, en lieu et place du cotyle, une cupule cotyloïdienne.
Le chirurgien choisira l’implant le mieux adapté à votre maladie et à votre gabarit en fonction des données de la science actuelle.
La chirurgie Assistée par ordinateur (CAO) permet de positionner le cotyle et la pièce fémorale de façon optimale pour reproduire au mieux l’anatomie de votre hanche permettant de diminuer le risque de luxation postopératoire et le risque d’inégalité de longueur. (voir CAO principe appliqué à la PTH)


Précautions préopératoires

  • Préparation cutanée : douche pendant les 3 jours précédant l’intervention avec un savon antiseptique.
  • Dépistage de staphylocoque doré par un prélèvement au niveau de la muqueuse nasale. Si le test est positif (30% de la population) vous aurez en plus un traitement spécifique 5 jours avant l'intervention pour éradiquer le germe nocif.
  • si vous êtes diabétique,, consulter votre médecin, il est importance d’avoir un équilibre le plus parfait pendant la période péri opératoire.
  • si vous avez des problèmes dentaires, consulter votre dentiste avant l’intervention.
  • si vous avez des problèmes urinaires consultez votre médecin ou un urologue.
  • si vous avez des plaies cutanées, des ulcères variqueux ou des troubles cutanés , consultez votre médecin ou dermatologue.
  • Si vous êtes en surcharge pondérale ou si votre poids dépasse de 15% votre poids idéal, il est recommandé de perdre du poids avant l’intervention.

Informations postopératoires

L’intervention dure environ 1 heure à 1h30. La CAO ne rallonge pas le temps opératoire de façon significatif. Cette technique rend le geste opératoire plus fiable et plus précis.
Vous restez hospitalisé pendant 3 à 7 jours.
L’appui est autorisé dès le 1er jour. La rééducation est immédiate : elle débute à la clinique le lendemain. Vous devez marcher avec des cannes-béquilles pendant une durée de 8 à 21 jours.
90% des patients retourne à domicile en sortant de la clinique. 10% vont dans un centre de convalescence. La récupération fonctionnelle se fait en 2 à 4 mois.
Résultats : Cette intervention donne, à l’heure actuelle, d’excellents résultats chez la majorité des patients qui reprennent, après l’intervention, une activité physique normale.
Tous les sports sont possibles avec une PTH ! Mais certains sports ne sont pas forcément recommandés comme par exemple la course à pied pendant de longues périodes sur des sols durs, le ski extrême, les sports de compétitions. Le risque est d’user prématurément la PTH, en dehors des risques liés aux traumatismes.


Durée de vie de la PTH

La durée de vie moyenne d’une PTH va dépendre de beaucoup de facteurs (âge, activité, poids, type de prothèse, réactivité aux débris d’usure et qualité de la mise en place de la prothèse, et autres ….)
La majorité des changements de prothèse en polyéthylène sont à changer au bout de 15 ans du fait de leur usure.
La céramique possède des propriétés tribologiques théoriques très intéressantes qui devraient permettrent d’augmenter la durée de vie des PTH surtout chez les patients très actifs. Cependant le couple de frottement métal-polyéthylène reste très performant et est encore beaucoup utilisé.
La technique de chirurgie assistée par ordinateur devrait permettre d’allonger la durée de vie des prothèses par une optimisation de la mise en place des implants.


Complications

Cette chirurgie peut avoir des complications qui sont néanmoins rares. Les complications de l’anesthésie vous seront expliquées lors de la consultation d’anesthésie qui est obligatoire.

La phlébite et l’embolie pulmonaire

Sont des complications classiques en orthopédie : il s’agit de l’obstruction d’une veine par un caillot. Ceci arrive surtout chez les personnes "à risque"
( antécédents de phlébite, diabète, obésité). La prévention est faite par l’usage des anticoagulants et des bas de contention.


Précautions postopératoires

Enfin il est important de signaler à votre dentiste, à votre médecin traitant et lors de tout acte médical que vous êtes porteur d'une prothèse.

Il est recommandé d'avoir un traitement antibiotique protecteur lors de soins dentaires, de coloscopie, de gastroscopie....

Ne laissez jamais évoluer un syndrome infectieux sans traitement pendant plusieurs jours.

Le chirurgien vous indiquera la fréquence des visites en fonction de votre cas.

Il est indispensable d’avoir un suivi clinique et radiographique régulier, tous les ans, au début, puis tous les deux ans pour vérifier l’état de votre prothèse.


Conclusion

Cette chirurgie est une chirurgie de haute technologie qui a demandé à votre chirurgien un apprentissage important et une mise à jour régulière de ses connaissances pour permettre une amélioration de la technique chirurgicale CAO et des implants.

C’est une intervention très fiable et très satisfaisante : 90 à 95% des patients sont satisfait ou très satisfait à 10 voir 15 ans de recul.

Avec la CAO , la durée de vie des prothèses devrait être allongée.

Avec la CAO , le risque de ILMI (inégalité des membres inférieurs) et de luxation postopératoire devrait être très significativement diminué.

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