Prothèse du genou

PROTHÈSE DU GENOU

 

Introduction

La prothèse du genou est le seul traitement curatif (définitif) de l’arthrose.
En France il s’opère environ 90 000 prothèses de genou par an. C’est une intervention qui est devenue ces 10 dernières années très fréquente et très bien codifiée.
Avec le développement de la Chirurgie Assistée par Ordinateur, l’acte chirurgical devient encore plus précis, plus reproductible, et devrait permettre d’améliorer la qualité du résultat clinique et la durée de vie de la prothèse.

Qu’est-ce qu’une prothèse du genou ?
La prothèse est constituée de deux éléments métalliques (chrome cobalt) qui sont positionnés sur la surface du fémur et du tibia usé par l’arthrose. Entre ces 2 éléments est interposé un élément de glissement en plastique de très haute densité (polyéthylène). Il s’agit donc de remplacer les surfaces articulaires usées par l’arthrose tout en respectant l’anatomie du genou et en particulier son appareil ligamentaire : on parle de prothèse de resurfacage.


Différentes prothèses du genou

  • La prothèse totale du genou (PTG)
    Les ligaments croisés sont généralement réséqués (le plus souvent le LCA est atteint par l’arthrose). Quand les ligaments collatéraux sont abîmés, il faut prévoir une PTG à glissement plus contrainte permettant de palier le déficit ligamentaire. Quand l’arthrose a atteint la structure de l’os de façon importante, il faut prévoir une PTG qui permette de palier le déficit osseux (cale métallique, quille d’encrage plus longue). La rotule n’est pas toujours resurfacée.
  • La prothèse unicompartimentale du genou (PUC)
    Le principe est le même que la prothèse totale, mais limité à un seul compartiment du genou : soit le compartiment fémoro-tibial interne, soit externe, soit fémoro-patellaire. Les résultats fonctionnels sont souvent meilleurs et plus rapide qu’après une PTG, mais les indications sont beaucoup plus rares et doivent être très rigoureuses. La PUC externe ou la PUC interne, donnent le plus souvent de très bons résultats. Les résultats de la prothèse fémoro-patellaire peuvent être excellents mais plus controversés dans le temps.

 


Technique Chirurgicale

La technique de pointe consiste à opérer par technique assistée par Ordinateur. Cette technique rend le geste opératoire plus fiable et plus précis.
La durée opératoire varie selon les cas de 1 heure à 2 heures.
Le but est de déterminer la taille de la prothèse la plus adaptée pour le patient. La CAO permet de contrôler l’alignement de la prothèse dans les 3 plans de l’espace (plan vertical, sagittal, et horizontal) et de contrôler l’équilibrage ligamentaire en peropératoire.
L’axe de la PTG et la balance ligamentaire sont les 2 critères les plus importants pour que le résultat clinique soit bon et la durée de vie de la prothèse optimisée.
Avec la CAO: le résultat clinique devrait être meilleur et la durée de vie de la prothèse plus longue. (voir Chirurgie Assistée par Ordinateur)


Rééducation

Parfois il est utile de faire de la rééducation préopératoire.
Après l’intervention, la rééducation débute dès le lendemain.
Vous marchez avec 2 cannes sans attelle pendant 15 jours à 3 semaines. L’appui immédiat est autorisé, il n’y a pas d’immobilisation.
La récupération fonctionnelle est variable de 3 mois à 6 mois. Vous pouvez conduire rapidement votre voiture (21 jours à 1 mois). Le genou peut rester chaud pendant plusieurs semaines.
Le séjour dans un centre de rééducation n’est pas obligatoire.
La rééducation peut être faite avec un kinésithérapeute proche de chez vous 3 ou 4 fois par semaine. La balnéothérapie accélère et facilite la rééducation mais le résultat final sera le même quel que soit le mode de rééducation choisi.


La vie du patient avec une PTG

La récupération fonctionnelle est plus longue en générale qu’après une PTH.
Le but de la prothèse du genou est de redonner un genou indolore et avec une mobilité articulaire permettant de mener une vie dite « normale ».

Le patient peut faire du sport ! Mais pas n’importe quel sport ! Le « sport » en tant que tel n’est pas forcement recommandé par le chirurgien. Tout dépend de quel sport il s’agit et du niveau technique du patient ! Le patient peut faire du golf, de la marche en montagne sur des sentiers balisés et non glissant, du vélo, de la natation, du ping-pong, du ski de fond en alternatif, chasse, pêche, etc. … la course à pied n’est pas recommandée (risque d’usure précoce du PE) de même que le ski alpin.

Actuellement, le résultat des prothèses de genou est bon et excellent dans 90% des cas à 10 et 15 ans de recul.


La durée de vie de la prothèse

La durée de vie de la prothèse va dépendre de nombreux facteurs (age, activité, surpoids). Parmi, les facteurs anatomiques liés à l’intervention : les 2 plus importants sont l’axe postopératoire de la prothèse et l’équilibrage ligamentaire.

La CAO apporte une plus grande précision sur ces 2 critères, c'est ce qui fait améliorer le résultat global de la prothèse du genou.

Actuellement, le résultat des prothèses de genou est bon et excellent dans 95% des cas à 10 et 15 ans de recul, voir plus, selon le niveau d’activité du patient.

La durée de vie de la prothèse peut aller jusqu’à plus de 20 ans. Avec la CAO, la durée de vie de la prothèse devrait être plus grande : cette donnée est en cours d’évaluation, mais est déjà affirmée par des publications récentes sur des patients jeunes avec un haut niveau d'activité physique.

La durée de vie d’une PTG sans complications particulières et sans défaut de mise en place majeur, devrait dépasser les 20 ans selon le niveau d’activité du patient.


Le candidat à la prothèse du genou

Le patient : quand l’impotence fonctionnelle est importante, (douleurs quotidiennes, amplitudes articulaires limitées, difficulté à marcher, à réaliser les actes de la vie quotidienne, difficulté à monter et descendre des escaliers, prendre les transports en commun, etc …). L’age est un critère relatif. Il ne faut pas attendre que l’usure osseuse soit trop importante ni que les ligaments périphériques soient trop abîmés.

La PTG :
Arthrose évoluée ou inflammatoire touchant 1 ou plusieurs compartiments du genou. Arthrose localisée avec atteinte ligamentaire.

La PUC (prothèse unicompartimentale) :
Arthrose localisée à un seul compartiment sans atteinte ligamentaire. N’est pas indiquée dans les arthrites inflammatoires. N’est pas indiquée dans le genu varum constitutionnel pour la PUC interne.

La prothèse fémoro-patellaire :
Arthrose fémoro-patellaire isolée secondaire à l’instabilité rotulienne. Est moins indiquée quand l’arthrose fémoro-patellaire est essentielle : résultat moins bon à 5 ans de recul.


Complications

Cette chirurgie peut avoir des complications qui sont néanmoins rares. Les complications de l’anesthésie vous seront expliquées lors de la consultation d’anesthésie.

La phlébite et l’embolie pulmonaire

Il s’agit de l’obstruction d’une veine par un caillot. Ceci arrive surtout chez les personnes " à risque " (antécédents de phlébite, diabète, obésité). La prévention est faite par l’usage des anticoagulants et des bas de contention. En cas de phlébite, le traitement sera intensifié.


Précautions préopératoires

Préparation cutanée : douche pendant les 3 jours précédant l’intervention avec un savon antiseptique.
Dépistage de staphylocoque doré par un prélèvement au niveau de la muqueuse nasale. Si le test est positif (30% de la population) vous aurez en plus un traitement spécifique 5 jours avant l'intervention pour éradiquer le germe nocif.
si vous êtes diabétique,, consulter votre médecin, il est importance d’avoir un équilibre le plus parfait pendant la période péri opératoire.
si vous avez des problèmes dentaires, consulter votre dentiste avant l’intervention.
si vous avez des problèmes urinaires consultez votre médecin ou un urologue.
si vous avez des plaies cutanées, des ulcères variqueux ou des troubles cutanés , consultez votre médecin ou dermatologue.
Si vous êtes en surcharge pondérale ou si votre poids dépasse de 15% votre poids idéal, il est recommandé de perdre du poids avant l’intervention.


Précautions postopératoires

Enfin il est important de signaler à votre dentiste, à votre médecin traitant et lors de tout acte médical que vous êtes porteurs d'une prothèse.

Il est recommandé d'avoir un traitement antibiotique protecteur lors de soins dentaires, de coloscopie, de gastroscopie....

Ne laissez jamais évoluer un syndrome infectieux sans traitement pendant plusieurs jours.

Le chirurgien vous indiquera la fréquence des visites en fonction de votre cas.

Il est indispensable d’avoir un suivi clinique et radiographique régulier, tous les ans, au début, puis tous les deux ans pour vérifier l’état de votre prothèse.


Conclusion

Chaque cas d’arthrose du genou doit être étudié soigneusement de façon à déterminer le choix de la prothèse et la technique chirurgicale la plus adaptée.

Les patients sont satisfaits ou très satisfaits de leur prothèse du genou dans 90% des cas en moyenne à 15 ans de recul.

La CAO apporte une plus grande fiabilité et une plus grande précision. La durée de vie de la prothèse peut aller jusqu’à plus de 20 ans.

Avec la CAO, la durée de vie de la prothèse devrait être plus grande et les résultas cliniques meilleurs.

Il est indispensable d’avoir un suivi clinique et radiographique régulier, tous les ans, au début, puis tous les deux ans pour vérifier l’état de votre prothèse.

Enfin il est important d’informer votre dentiste, votre médecin traitant et lors de tout acte médical (soins dentaires, coloscopie, gastroscopie, autres …) que vous êtes porteur d'une prothèse. Il est recommandé d'avoir un traitement antibiotique.

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